Boudicca ~ Jean-Laurent Del Socorro

Boudicca

Envie de lire un roman à la thématique intemporelle et de découvrir une figure historique forte et charismatique ? Je vous conseille Boudicca de Jean-Laurent Del Socorro.

Un carrefour historique

Cet ouvrage est une biographie romancée. L’auteur va s’appuyer sur des faits historiques attesté, il nous fait suivre Boudicca tout au long de sa vie, de sa naissance à sa mort. Boudicca était la reine des Icène, peuple implantée dans le sud de l’Angleterre actuel. C’est un peuple présent en Bretagne entre le Ier siècle avant JC et le Ier siècle après JC.

L’existence de cette reine se révèle passionnante car elle a vécu à un carrefour historique. Le monde dans lequel elle a grandit a peu à peu disparu pour laisser place à des coutumes et des valeurs dont elle se sentait étrangère. Avant son couronnement, son peuple était indépendant et commerçait librement avec Rome. Lorsqu’elle est couronnée, son peuple est devenu client de l’empire Romain, empire qui a envahit une partie de l’île. Quand elle va s’apercevoir que les différents rois des divers peuples de l’île de Bretagne acceptent de se soumettre sans problème en échange de richesse, un sentiment de trahison ne la quittera plus. Je trouve que l’auteur aborde magistralement ce thème du changement. Avec cette écriture à la première personne du singulier, nous suivons les pensées de Boudicca et comprenons son désarroi face à un monde qu’elle ne reconnait plus.

Boudicca, reine et guerrière

Le roman est divisé en trois chapitres, représentant trois périodes de la vie de Boudicca. Son enfance, sa vie de reine puis sa révolte contre l’empire Romain. Elle grandit sans mère, morte en couche, et avec un père peu présent, noyé dans le deuil de sa femme. Dès son plus jeune âge, elle montre de l’orgueil, mais également de la ténacité. Cependant, elle reste une petite fille angoissée par son destin de reine. Durant la première partie de sa vie, elle apprend à se battre (rien de choquant qu’une femme guerroie pour ce peuple), à manier la parole et découvre ses premiers émois dans les bras d’une fille de son âge (là encore, rien de choquant). Jean-Laurent Del Socorro nous propose de magnifiques pensées autour de la parole. Constitutive des peuples barbares (barbares dans le sens étrangers de l’empire romain),  tous ne savent pas la manipuler dans le roman. La parole est dotée d’une force qui s’amoindrit si on l’écrit (d’où les problèmes de sources historiques). Les druides sont les seuls à manipuler la parole et à l’écrire. Personnages à part et d’une grande importance dans la pratiques des cultes, ils interviennent dans les décisions politiques et sont aussi la mémoire de leurs peuples.

Le prix de la liberté

A travers ce roman, Jean-Laurent Del Socorro nous propose une histoire sur le thème de la liberté. Dans la deuxième et troisième partie du roman, nous découvrons la femme guerrière. Face aux bouleversements que subit son monde, elle va être confrontée à des choix extrêmement difficiles, la liberté ou la soumission, accepter le changement ou sauvegarder la tradition.  Boudicca est entière et n’entend pas faire de concessions. Elle veut la liberté et l’indépendance pour son peuple et ne pas vivre sous la tutelle de cet empire à la culture si différente. Elle va se montrer courageuse, forte, charismatique, mais également cruelle. Elle n’hésitera pas à tuer des populations civiles pour parvenir à ses fins. Jean-Laurent Del Socorro nous conte les batailles terribles qui ont été livrées et les actes désespérés des peuples bretons. Quand on constate la puissance de l’empire romain, on se demande s’ils comptaient vraiment gagner, la rébellion paraissait être une folie. En effet, l’empire romain est encore trop puissant à l’époque. Cependant, le roman ne porte pas sur la victoire, mais sur la liberté et la volonté de sauvegarder ses traditions. Un thème intemporel, personnifié par une héroïne au destin tragique.

 

Un magnifique roman sur le prix que l’on est prêt à donner pour la liberté, mené par le magnifique style de Jean-Laurent Del Socorro. L’auteur nous entraîne avec un grand talent de conteur dans les traditions des peuples disparus et à la rencontre d’une figure historique passionnante, Boudicca. 

Une version collector de Boudicca était prévu, mais je ne sais pas ce que ça devient aujourd’hui.

Du même auteur, j’avais lu et adoré :

royaume de vent et de colères

(cliquez sur l’image pour voir mon avis de l’époque)

2 commentaires

Répondre à C’est lundi, que lisez-vous ? (11/05/2020) – Amélire en rouge Annuler la réponse.

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