Ni vues, ni connues ~ Collectif Georgette Sand

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Comprendre pourquoi il n’y a pas ou peu de femmes dans les livres d’histoire. Aider les femmes à ne pas tomber dans le mécanisme de l’invisibilisation.
Pourquoi les noms comme les exploits des femmes n’apparaissent-ils ni sur les plaques des rues ni dans les manuels scolaires ? N’auraient-elles donc rien fait qui vaille la peine qu’elles soient reconnues ?

Pourtant, de plus près, en balayant les légendes, en soulevant les tapis, en fouillant les placards, on découvre que l’Histoire qui est enseignée n’a pas retenu le nom de la femme qui affirme l’existence du système solaire avant Galilée, invente l’art abstrait avant Kandinsky, ou théorise les pulsions de mort avant Freud…Mais pourquoi, et surtout comment ?

En décortiquant les mécanismes qui ont fait tomber les 75 femmes de ce livre aux oubliettes, le collectif Georgette Sand met en lumière sur un ton décalé ce qui a été occulté, spolié ou fantasmé. Il révèle également que ce qui rend invisible n’est pas une fatalité et peut même être désamorcé très simplement : pour être reconnues, il faut être connues, et pour être connues, il faut être vues.

 

Un livre que je croisais souvent dans les rayonnages des librairies sans jamais l’emporter avec moi. Et puis à la librairie des femmes, j’ai cédé à son appel. Ce livre m’a accompagnée dans le train, arrêté au milieu de nulle part, suite à un accident de personne. Étrange circonstance pour lire un livre aussi inspirant. 

L’ouvrage est composé de courts portraits de femmes inspirantes, accompagnés de photo les représentants. Nous rencontrons des femmes sportives, scientifiques ou encore artistes. Ces portraits nous racontent leurs exploits ou leurs découvertes, bien souvent totalement oubliés par l’histoire. Les autrices tentent d’expliquer les raisons de ces oublis, bien souvent imposés par l’éducation et la place de la femme dans la société. Une femme ne devait pas se mettre en avant, pratiquer des métiers considérés comme exclusivement masculin et ne devait pas faire d’ombre aux hommes de leur entourage. Certains portraits comportent ainsi des messages aux lectrices en les encourageants à montrer leurs travaux ou à se lancer dans des carrières qui ne sont « pas pour les femmes ».
Ce livre n’est pas une hagiographie, un chapitre que j’ai trouvé très intéressant est consacré aux femmes ayant fait des choses terribles ou soi-disant terribles (certaines ont été victimes du discours des hommes afin de les discréditer). Les portraits sont rapidement lus et sont tous bien écrits.

Ce livre s’inscrit dans un questionnement personnel, à savoir, où sont les femmes dans l’histoire ? N’avons-nous eu réellement que des rôles subalternes, condamné à œuvrer dans les coulisses du pouvoir et absente des grands moments ? Ce questionnement peut vite tomber dans l’excès en exagérant plus que de raison la place de la femme dans le cours de l’histoire, mais ces portraits évitent cet écueil. Les autrices présentent des femmes et leurs parcours en les replaçant dans leur contexte. Ce livre répond en partie à mes questions sur la place des femmes. Oui, des femmes ont été importantes dans l’histoire, oui, certaines ont fait de belles et importantes choses, sauf qu’elles ne nous sont pas parvenues.

A la fin de la lecture de cet ouvrage, c’est à nous de partir à la recherche de ces femmes et d’approfondir les portraits esquissés. De mon côté, j’ai vu un reportage d’Arte sur Vivan Maier, photographe de rue, qui n’a jamais publié ses photos. A sa mort, des milliers de pellicules ont été découvertes. J’aimerais également me pencher sur Violette Morris, sportive qui battait les hommes dans les championnats. Elle apparaît dans le livre que je me suis acheté pour mon anniversaire Championnes, elles ont conquis l’or, l’argent et le bronze ; qui est également une compilation de portraits de femme.

J’ai lu d’autres livres similaires à  Ni vues, ni connues que je vous recommande les yeux fermés : Culotés de Penelope Bajieu,  Histoire du soir pour filles rebelles d’Elena Favilli, Elles bousculent le monde de Ruth Hobday, les femmes qui pensent sont dangereuses de Stefan Bollman. Il en existe encore plein d’autres que je n’ai pas lu. Pas encore tout du moins.

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